
TRACCS au congrès de viabilité hivernale à Chambéry – PIARC
Publié le
Claire Nief et Mathilde Balent, membres du Projet Ciblé 1 DIALOG, et Bruno Joly, membre du Projet Ciblé 3 DEMOCLIMA, tous trois ingénieur.e.s à Météo-France, ont représenté TRACCS lors du PIARC (Permanent International Association of Road Congresses) qui s’est tenu à Chambéry (Savoie) du 10 au 13 mars 2026.


(Présentation disponible sur le Cloud Core)
Ce congrès international annuel portant sur la viabilité hivernale du secteur routier a rassemblé plus de 2 000 participant.e.s issu.e.s des secteurs publics, privés et de la recherche, et a constitué un espace privilégié pour comprendre les transformations du secteur routier face au changement climatique. Il a été l’occasion de travailler sur les enjeux relatifs au démonstrateur Transports Terrestres DémoTTER, dont le développement a commencé au sein du Projet Ciblé 3 DEMOCLIMA début 2026. Ce congrès a permis de rencontrer un grand volume d’acteur.rice.s du secteur routier et d’assister à différentes conférences relatives au sujet de l’adaptation de ce secteur au changement climatique. Il a également été l’occasion de présenter publiquement le démonstrateur ainsi que le programme TRACCS via une intervention de Bruno Joly au pavillon France du congrès le mardi après-midi, à laquelle une trentaine de personnes ont assisté, et donnant lieu à des échanges avec différents organismes présents.
Le congrès en quelques chiffres :
- Plus de 2 000 participant.e.s
- 100 ateliers sur 4 jours
- 52 exposant.e.s
- Plus de 450 intervenant.e.s
Les conférences ont permis de mettre en évidence que l’adaptation du secteur routier au changement climatique est un sujet majeur. De nombreuses méthodes y ont été exposées, divers retours d’expérience, ainsi qu’un besoin fort d’outils opérationnels. Dans ce contexte, la participation des membres de TRACCS au congrès a permis une plongée au cœur des enjeux climatiques du secteur des transports routiers, une opportunité de discuter directement avec les gestionnaires et de confirmer le besoin de services climatiques comme levier d’adaptation.
Structuré autour de trois axes majeurs – résilience, décarbonation et viabilité hivernale – le congrès a mis en évidence le besoin d’une évolution profonde du secteur : passer d’une logique de gestion historique et réactive à une approche anticipative et fondée sur les données. Face à des aléas climatiques changeants, l’impact du changement climatique est déjà constaté actuellement par les gestionnaires des infrastructures routières. En effet, l’ensemble des interventions converge vers un constat partagé : le changement climatique modifie profondément la nature, la fréquence et l’intensité des aléas impactant les infrastructures routières.
Les principales évolutions observées sont :
- L’augmentation des événements extrêmes (inondations, tempêtes, glissements de terrain) ;
- Une variabilité accrue des conditions météorologiques, parfois plus difficilement prévisibles ;
- Une modification des régimes hivernaux : moins de neige en moyenne, mais des événements plus intenses et localisés ;
- Une hausse des températures affectant les matériaux et les conditions d’exploitation ;
- La multiplication des phénomènes en montagne (avalanches, chutes de blocs, laves torrentielles).
Face à ces évènements, un message fort du congrès est que la maintenance seule n’est plus suffisante. Le secteur doit désormais intégrer le climat futur dans la conception, adapter les infrastructures existantes et planifier des stratégies d’adaptation sur le long terme. Dans ce contexte, les services climatiques apparaissent comme un levier clé pour transformer les données climatiques en informations décisionnelles et accompagner les gestionnaires dans l’anticipation.
Malgré les avancées méthodologiques, certains freins restent bloquants : les contraintes budgétaires, qui rendent difficile de garantir une continuité des financements, l’acceptabilité sociale des changements (fermeture de routes …), et le besoin de créer des ponts entre les différents acteur.rice.s dans un contexte concurrentiel parfois limitant. Le coût de l’inaction est néanmoins mis en avant comme un argument clé pour justifier l’investissement, avec des approches socio-économiques ou de monétisation du risque qui peuvent faciliter la prise de décision.
Le démonstrateur DemoTTER, coordonné par Météo-France au sein du Projet Ciblé 3 DEMOCLIMA, entend contribuer à répondre à cet enjeu en proposant de nouveaux indicateurs adaptés au besoin des acteur.rice.s du Transport Terrestre (route, rail, aéroport, voies navigables, …). Des diagnostics nouveaux, comme la température de chaussée, seront estimés et versés au panel de paramètres EXPLORE2, et alimenteront les échanges avec les acteur.rice.s pour co-construire des indicateurs d’impacts du changement climatique sur leurs activités. Des discriminations entre vulnérabilités fonctionnelles et structurelles seront particulièrement pertinentes pour les exploitant.e.s d’équipement de transport aux échelles nationales. Le congrès PIARC n’a cessé de relever ce paradigme. Enfin, DemoTTer aura comme objectif de projeter spatialement ces indicateurs sur les référentiels géographiques sur lesquels ces acteur.rice.s opèrent, pour que les processus d’atténuation voire d’adaptation aux impacts du changement climatique puissent être déclinés plus directement.
Autres Actualités TRACCS